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La consommation responsable chez les jeunes02/08/2009La consommation responsable chez les jeunes: c'est dans la poche!Dresser un budget avec l'enfant, en incorporant ses dépenses et loisirs, est un exercice formateur. Acheter maintenant, payer plus tard? Apprendre à éviter les pièges du marketing et à devenir un consommateur averti débute aujourd'hui très tôt. Lorsqu'un enfant exige fermement ces nouveaux bonbons à l'emballage tape-à-l'oeil ou ce jeu vidéo un peu trop cher, il est temps de lui enseigner la valeur des choses. Une initiation pour laquelle l'argent de poche, une pratique souvent remise en question, est pourtant tout indiquée. Il n'y a pas d'âge idéal pour commencer à donner de l'argent de poche à son enfant. Cela dépend des valeurs de chaque famille. «Je pense qu'on peut se fier à l'enfant. S'il a demandé lui-même d'acheter des choses, on peut lui inculquer la notion de l'argent», indique le psychologue Daniel Lambert. Il ne voit d'ailleurs pas l'importance de parler d'argent de poche à un jeune avant qu'il ne soulève lui-même la question. Il serait toutefois sensé d'attendre que fiston sache compter, soustraire et additionner, afin qu'il puisse bien comprendre la valeur de l'argent, avant de lui offrir une allocation. «C'est bon de lui apprendre le coût des choses lorsqu'il est jeune en lui laissant des petites sommes. Lui donner 2 $ et lui montrer ce qu'il peut obtenir. Entre quatre et sept ans, lui montrer ce qu'il peut se procurer avec une somme précise», remarque Dominique Gervais, avocate et conseillère budgétaire chez Option consommateurs. Il faut que les enfants comprennent que l'argent ne sort pas du guichet par magie et pousse encore moins dans les arbres. Mais l'allocation hebdomadaire de l'enfant doit-elle dépendre de certaines tâches et obligations? Deux visions persistent à ce sujet. D'un côté, il y a ceux qui pensent que les enfants ne doivent pas être payés pour faire des tâches ménagères: cela fait partie des obligations familiales. L'argent de poche sert plutôt à enseigner la gestion d'un budget. De l'autre côté, il y a ceux qui croient que l'argent et le travail doivent être associés. On doit choisir la méthode avec laquelle on est confortable, indique Mme Gervais. M. Lambert adhère à la deuxième manière de penser : il croit que pour mériter son pécule, le jeune doit contribuer aux corvées ménagères de la maison et que la somme doit être déboursée pour des tâches supplémentaires seulement. «Ce n'est pas logique d'être payé pour manger ses légumes, illustre-t-il. Si tu ne le fais pas, c'est toi le pire!» On peut profiter de l'occasion pour déléguer certaines besognes au jeune afin «qu'il perçoive qu'il fait partie d'un tout, d'une famille, et qu'il met la main à la pâte», ajoute le psychologue. Les tâches peuvent varier selon l'âge de l'enfant : cela peut aller de ramasser ses jouets à vider le lave-vaisselle ou à desservir la table. S'il ne les fait pas, M. Lambert ne voit pas l'intérêt de récompenser l'enfant. Il faut toutefois faire attention et établir un budget, car le montant pourrait monter assez vite si «junior» fait correctement tout le boulot attitré. Combien? Mais combien doit-on donner au juste? Cette question demeure délicate. En juillet 2008, le magazine People rapportait que les filles du couple Obama, Malia et Sasha, alors âgées de 10 et 7 ans, recevaient chacune 1 $ par semaine de la part de leur père. Une anecdote qui a fait couler beaucoup d'encre dans la blogosphère! Bien entendu, le montant alloué dépend du budget familial. Toutefois, la plupart des spécialistes s'entendent sur un montant qui varie entre 0,50 $ et 1 $ pour chaque année d'âge. On peut ensuite augmenter le montant au fur et à mesure que l'enfant vieillit. À l'aube de l'adolescence, le jeune devrait pouvoir gérer ses propres dépenses, sous la supervision d'un parent, indique Mme Gervais. On peut, par exemple, le rendre responsable du montant alloué pour ses repas à l'école. «Si après deux jours, il n'a plus d'argent, les parents ne devraient pas renflouer les coffres», l'enfant apprendra de ses erreurs, estime la conseillère. Il devra apprendre à devenir prévoyant, et à se faire des lunchs pour le reste de la semaine. Le fils de M. Lambert voulait un ordinateur portable. En recevant un montant fixe par semaine, s'il fait toutes les tâches attribuées, il pourra se le procurer, lui a dit son père. Mais il se rendra aussi compte que s'il dépense pour autre chose, son gros achat devra attendre un peu plus longtemps, spécifie-t-il au Soleil. «Il voit que ça prend plusieurs semaines pour acheter. Il comprend un peu plus pourquoi on ne dit pas oui à tout ce qu'il demande pour lui payer ce qu'il veut. Il aura aussi une certaine fierté de se l'être payé, puisqu'il sait qu'il aura travaillé fort pour ça.» Exercice budgétaire Dresser un budget avec l'enfant, en incorporant ses dépenses et loisirs, est un exercice formateur. «Souvent il [l'enfant] saura comment coûte un DVD», mais pas l'électricité, le loyer, le téléphone, note Mme Gervais. Il est aussi important de lui apprendre le coût de la vie. L'argent, «c'est un sujet tabou, il ne faut pas hésiter à en parler de façon positive pour ne pas que l'enfant développe une relation problématique avec l'argent», avertit-elle. L'adolescence est d'ailleurs une période cruciale pour forger de bonnes habitudes de consommation. Est-ce que j'en ai vraiment besoin? Est-ce que c'est un achat impulsif? Est-ce trop dispendieux? Mme Gervais prend en exemple les deux adolescentes d'une de ses collègues, chacune ayant reçu 200 $ pour s'acheter des vêtements. Une d'entre elles a dégoté six morceaux alors que l'autre est rentrée avec une seule paire de jeans griffée. La conseillère est certaine que l'achat de cet unique pantalon a fini par donner lieu à beaucoup de réflexion. Source: Cyberpresse |
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